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Cinq bonnes raisons de lire le livre La Lettre

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publié le : 08/10/2021

1re de couverture du livre "La Lettre"

À l’occasion du 80e anniversaire des exécutions d’octobre 1941, l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt publie un ouvrage sur les 27 fusillés du 22 octobre 1941 à la Sablière. Voici, selon nous, les cinq meilleures raisons de se le procurer.

Raison 1 : Vous pourrez y lire, quand elles sont connues, le contenu de leur toute dernière lettre

Quoi de plus émouvant que de vivre leurs derniers instants, à travers leurs mots et parfois leur propre écriture ! À quoi pense un condamné qui, la veille, ne se savait pas encore condamné ? Comment fait-on preuve de résistance, jusqu’au bout, sans risquer la vie du reste des camarades au camp ? Comment fait-on ses adieux à ses proches en sachant ce dont ils seront privés ? Comment partir à la mort dignement ? Peut-on formuler d’ultimes espoirs ?

Double page consacrée à Jean Poulmarc'h, fusillé

Raison 2 : Vous connaîtrez le parcours de chacun de ces martyrs

En plus d’une biographie, les doubles pages de fusillés comprennent leur portrait exécuté par l’architecte-graphiste Hélène Charron et qui orne les stèles tout autour de la Carrière (l’ordre des pages est fait pour passer de stèle en stèle lors de la visite réelle du site). Un QR-code permet d’avoir accès aux informations personnelles qui figurent sur le site Internet de l’Amicale (bref, un « livre 2.0 »). Qui étaient ces résistants ? D’où venaient-ils ? Pourquoi avaient-ils été arrêtés, retenus au camp de Choisel et finalement sélectionnés comme otages ?

Raison 3 : Vous découvrirez des témoignages privilégiés

Outre ceux des fusillés, vous pourrez lire des extraits des témoignages de l’Abbé Moyon, curé qui a collecté ces lettres et reçu leurs dernières pensées, mais aussi celui d’Esther Gaudin, jeune femme qui participa à la diffusion de leurs messages et contribua ainsi à leur légende. Le regard extérieur de contemporains nous dévoile beaucoup de l’ambiance qui régnait à l’époque et du retentissement qu’a eu ce triste événement.

Raison 4 : Vous participerez vous aussi au « devoir de mémoire »

En achetant cet ouvrage, vous aiderez financièrement l’Amicale de Châteaubriant et ses comités à perpétuer leur souvenir et à entretenir le site où ces héros ont perdu la vie. En lisant cet ouvrage, vous pourrez honorer leur mémoire. En le partageant, en en parlant auprès des jeunes générations, vous deviendrez « passeur de mémoire » et répondrez à la dernière requête de Guy Môquet : Soyez dignes de nous !

Double page consacrée à la Mémoire et l'Histoire

Raison 5 : Vous propagerez des valeurs de résistance face à certaines dérives

L’Histoire hélas a tendance à bégayer. Le spectre du fascisme – la Bête immonde – est toujours là, menaçant. Décomplexés par la montée de l’extrême-droite dans notre pays, de plus en plus de personnalités nous servent des discours haineux antisémites, xénophobes, avec une idée de la France qui se rapprocherait de celle des dignitaires de Vichy. Lutter contre cela, pour être « digne » des fusillés, devient plus que jamais un impératif.

Cet ouvrage est en vente au prix modique de 10 € au Musée de la Résistance à Châteaubriant, et sur le stand librairie de l’Amicale lors des diverses manifestations.

Nous ne faisons pas d’envois postaux, ainsi nous avons décidé de vous laisser la possibilité de télécharger gratuitement.

Compléments d’information à propos des lettres des fusillés

Elles ont fait l’objet principalement de deux éditions : Lettres des fusillés de Châteaubriant, Amicale des anciens internés et patriotes de Châteaubriant-Voves, 1re édition 1954, 80 p., réédition 1989, 124 p. et pour quelques-unes : La vie à en mourir, lettres de fusillés, 1941-1944 (lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko, préf. de François Marcot), Paris, Tallandier, 2003, réédition sous le même titre avec présentation un peu différente (lettres introduites par François Marcot, choisies et présentées par Guy Krivopissko, avant-propos de Jean-Jacques Goldman, Le Seuil, 2006). Elles sont aujourd’hui accessibles sur le site https://www.amicaledechateaubriant.fr/liste-des-fusilles/ en transcription pour la plupart, pour quelques-unes également en photographie des originaux. Pour le 80e anniversaire de la fusillade, l’Amicale a publié une nouvelle version, réalisée par Patrice Morel, intitulée La Lettre, Montreuil, 2021, 52 p.
Les lettres ont été traduites en allemand par l’écrivain Ernst Jünger alors qu’il était à Paris, affecté à partir de juillet 1941 précisément à la section 1c de l’état-major de commandement dirigé par Hans Speidel, chargée de la question des otages. Elles ont été annexées à son mémorandum Sur la question des otages. Exposé des faits et de leurs conséquences, rédigé à la demande de Speidel pour le commandant militaire avant le départ d’Otto von Stülpnagel en février 1942. Comme ce mémorandum, elles sont publiées dans l’ouvrage : Ernst Jünger, Sur les otages, Paris, Les Belles Lettres, 2015 (édition établie par Sven Olaf Berggötz, avant-propos de Volker Schlöndorff, traduction par Julien Hervier). Il évoque cette traduction dans son Journal à la date des 8 et 10 décembre 1941 : “Dans le cadre de mon travail sur la lutte pour la suprématie entre le parti et l’armée en France, je traduis les lettres d’adieu des otages fusillés à Nantes.” (Journaux de guerre, II, Gallimard, La Pléiade, p. 258).
Seule la lettre de Jules Vercruysse qui appelle son fils à la vengeance de façon véhémente n’a pas été traduite par Jünger, qui n’a pas traduit non plus une phrase de Charles Delavacquerie qui déclare qu’il aurait voulu voir arriver les Soviets avec ses parents, ni le billet de Guy Môquet à Odette Lecland (qui lui a été donné par un gendarme et donc soustrait aux Allemands).
Par contre, plusieurs des lettres traduites ne se retrouvent pas dans les recueils précités. C’est le cas de la lettre de Marc Bourhis à sa femme, dont seul un très court membre de phrase a été publié ; de la lettre d’Émile David à sa fiancée Suzanne Scheneichlein (orthographié Schweikelen par Jünger) ; de la lettre de Maximilien Bastard adressée à M. et Mme Murzeau de Nantes, parents de sa petite-amie Camille, cette lettre ainsi que celle écrite à ses parents étant signées toutes deux “Paul Bastard” ; la lettre de Jean Grandel adressée à sa mère ; la lettre de Désiré Granet à son fils Raymond ; la lettre de Pierre Gueguen adressée à sa femme ; la lettre de An Huynh Khuong à Thérèse Landrion ; la courte lettre de Raymond Laforge à Paul Laforge (son père ou son frère) ; la lettre d’Henri Pourchasse à sa mère ; les deux lettres de Raymond Tellier (prénommé “Maurice” dans cette version) : à son frère Lucien à Cepoy, à un de ses employés à Montargis à qui il fait une donation, ainsi qu’un petit billet à son autre frère Fernand à Amilly, tous dans le Loiret. Par ailleurs, la lettre de Julien Le Panse apparaît très nettement différente, dans la version de Jünger, de celle connue habituellement.
C’est dire l’intérêt de ces documents, à ceci près que leur publication dans Sur les otages est issue d’une double traduction, en allemand par Jünger, puis en français à partir de la traduction allemande. Si l’inconvénient est certain, cette traduction permet de retrouver le contenu de lettres jusqu’ici inconnues du public, à défaut de leur forme originale.
Le 16 mai 2025,
Louis Poulhès